Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Paroisses catholiques de Genlis et Saint-Just de Bretenières (France)

Paroisses de Genlis et Saint Just de Bretenières - Semaine du 16 au 24 mai 2020 - 6ème Dimanche de Pâques - Année A

16 Mai 2020, 19:54pm

Publié par Paroisse de Genlis

Une lettre du Père Jean-Louis Portay, curé de nos paroisses et le commentaire des lectures de la messe.

Chers paroissiennes, paroissiens,

Une sortie du confinement cultuel se dessine autour du 29 mai. Rien n’est encore décidé. Je mesure l’impatience de certains, nous dit notre archevêque.

Voici quelques directives précises :

1.       Des mesures restrictives officielles s’appliquent toujours au célébrations publiques. En dehors des obsèques où 20 personnes maximum peuvent se rassembler, les messes dans les églises ne peuvent pas accueillir de fidèles.

2.       Les séances de catéchisme pourraient être reprises dans les mêmes conditions qu’à la réouverture de l’école, avec tous les dispositifs en place pour le lavage des mains, de gel hydroalcoolique, de distanciation et un espace de 4 m² par enfant. Si ce n’est pas possible, on reprendra la catéchèse en septembre.

3.       Les confirmations sont repoussées à la rentrée, avec certainement des assemblées réduites. On pourra décider plus tard des dispositions à prendre.

4.       La messe chrismale, où sont bénies les saintes huiles aura lieu le 23 mai à 10h00 en comité très restreint. Vous pourrez vous y unir spirituellement.

Notre pèlerinage de la Salette a été annulé. Nous verrons avec chacun  pour le remboursement.

Je vous souhaite un bon dimanche dans l’espoir de pouvoir bientôt se retrouver comme avant.

Père Jean-Louis

Secrétariat des paroisses de Genlis & Saint Just de Bretenières
2, rue Aristide Briand 21110 GENLIS
Tel. 03 80 79 10 15
Secretariat.paroisses@laposte.net

Commentaire des lectures de la messe

Le grand méconnu

A quinze jours de la fête de Pentecôte, l'Église propose à notre réflexion deux textes de l'Écriture qui peuvent nous permettre, si nous le voulons, d'entrer un peu plus dans la connaissance de celui que nous appelons l'Esprit Saint, celui qui est, je crois, le grand méconnu, pour ne pas dire le grand inconnu. Si l'on demandait à l'un d'entre nous qui est l'Esprit Saint, il répondrait sans doute par des formules, en disant : c'est Dieu, c'est la troisième personne de la Sainte Trinité. Des formules. Mais pour dire la personnalité de l'Esprit Saint, je pense que nous serions tous assez muets. Il est le grand méconnu, et pourtant il est le moteur de la vie de l'Église, comme de la vie de tout chrétien. Aussi, nous allons essayer de savoir qui il est vraiment, et pour cela, repartir au commencement.

Au commencement

Au commencement, il y a une expérience, qui s'est faite dès les premiers jours, dès les premières semaines après la résurrection de Jésus. Pierre et les Onze, mais aussi tous les disciples, des hommes, des femmes, des jeunes comme vous et moi, qui avaient connu Jésus, qui avaient marché avec lui, qui ont regretté son départ, qui vivent encore dans le désir, dans l'attente de son retour, s'aperçoivent qu'il y a quelque chose qui se transforme plus ou moins subitement en eux. Quelque chose qui leur arrive, à Pierre comme aux autres : des paroles, nombreuses, qu'ils avaient entendues, qu'ils n'avaient pas comprises, et qui deviennent pour eux subitement lumineuses. La Bible elle-même, qu'ils connaissaient depuis leur enfance, prend un tout autre sens et trouve son unité en la personne de Jésus. Il n'y a pas que leur intelligence qui est transformée, mais aussi leurs actes, leurs manières d'être. Ils vont faire des gestes qu'ils n'auraient jamais osé faire auparavant, par rapport aux non-croyants comme par rapport aux Juifs, par rapport à tous ceux qui les entourent. Ils vont agir comme s'ils étaient devenus d'autres hommes, d'autres femmes, comme si tout était transformé en eux. Les voilà qui adoptent automatiquement le regard, les attitudes qui étaient celles de Jésus au temps où il vivait avec eux. Attitudes d'ouverture aux autre, attitudes de compassion, gestes de libération, les voilà qui vivent tout cela comme Jésus les vivait journellement. Aussi, ils se disent, surpris : "Mais qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui nous arrive ?" Il y a quelque chose de transformé en eux, ils deviennent d'autres hommes. Il y a comme une force intérieure, "un Maître intérieur", diront-ils plus tard, une force intérieure qui les pousse à penser, à agir, à parler, à vivre comme Jésus. Et ils en viennent à dire : "C'est l'esprit de Jésus qui agit en nous, qui est en nous." Ils se souviennent alors de certaines paroles de Jésus, avant qu'il ne les quitte, des paroles qu'ils n'avaient pas comprises alors : "Comme le Père est en moi et que je suis dans le Père, vous aussi vous serez en moi et moi en vous." Ils commencent à réaliser, alors : ce Jésus qu'ils avaient comme vis-à-vis, comme extérieur à eux-mêmes, il est maintenant en eux. L'apôtre Paul exprimera cela très bien, quelques années plus tard, lorsqu'il écrira : "Désormais, ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi." Phrase étonnante, mais qui est le fruit de toute son expérience : il regarde le monde, les événements, les personnes d'une manière totalement différente, et il les aborde comme le faisait le Christ.

Explication

Les premiers témoins vont essayer d'expliquer cela. Et ils l'expliquent, avant qu'il n'y ait une théologie du Saint Esprit (la théologie du Saint Esprit et de la Sainte Trinité s'est élaborée pendant des siècles, avant d'être ce qui est formulé dans les conciles œcuméniques) ; leur explication, telle qu'ils l'expriment dans les écrits du Nouveau Testament, c'est autre chose. Ils disent, premièrement : "Jésus nous l'avait promis. Il nous avait promis de ne pas nous abandonner, de ne pas nous laisser orphelins, qu'il serait avec nous jusqu'à la fin des temps. Cette présence, qui était extérieure à nous-mêmes, est maintenant intérieure. Jésus nous l'avait dit également : 'Sous peu de temps, vous serez baptisés (plongés) dans l'Esprit Saint' ", entièrement noyés dans son Esprit. Ils disent également : cette présence du Christ (de Dieu) en nous est comme une habitation. Ils emploient l'image de la demeure, du Temple. Ils veulent dire par là : "Dieu est en nous comme il était dans son Temple". Et Paul va dire : "Vous êtes le Temple du Saint Esprit…Vous êtes le Temple de Dieu, l'habitation de Dieu en vous."

Une dynamique

Ils vont aller plus loin, parce que l'image de l'habitation de Dieu en nous est une image assez statique. Selon cette image, Dieu est en nous comme le noyau est au milieu du fruit. Cela ne correspond pas entièrement à la réalité de leur expérience. Ils vont expliquer que cette présence n'est pas statique, mais dynamique. C'est pourquoi ils parleront de l'esprit de Jésus. C'est encore une image. C'est comme si je disais que ma main, par elle-même, est inerte, incapable de gestes coordonnés, mais qu'elle est animée par mon intelligence. Mon intelligence passe dans ma main. Grâce à cette intelligence, ma main va peindre ou sculpter, si je suis artiste, ou caresser, si je suis une maman qui tient son bébé. Ma main, par elle-même, ne peut rien, mais c'est mon intelligence qui lui donne vie, qui l'utilise pour créer. Eh bien, c'est exactement cela, l'Esprit de Jésus. Il est plus intime à nous-mêmes que nous-mêmes. C'est lui qui motive et dirige nos actes. Dieu n'est pas quelqu'un d'extérieur à nous-mêmes. Il est au plus intime de nous-mêmes.

Mais aujourd'hui ?

Vous allez me dire : cela, c'est l'expérience de la première génération chrétienne. Vous avez vu Philippe, l'un des Sept, qui arrive en Samarie et qui, animé par l'Esprit, refait exactement les mêmes gestes de libération que Jésus, chassant les démons, guérissant les malades, apportant paix et joie autour de lui. Il est Jésus parmi les gens de Samarie. Les premières générations chrétiennes ont vécu cela. Dieu, on ne l'a jamais vu, Jésus, on ne le voit plus, l'Esprit est invisible, mais les baptisés sont les "membres" d'un corps dont le Christ est la tête, c'est-à-dire l'animation. Alors, pourquoi cela n'a pas continué ? Pourquoi, aujourd'hui, ne voit-on pas tellement l'Esprit de Jésus à l'œuvre à travers les actes, les paroles, les attitudes des chrétiens ?

Je crois profondément que c'est une question de désir. Les premières générations chrétiennes ont investi tout leur désir humain dans une personne. Ce fut un traumatisme incroyable lorsque Jésus les a quittés. Mais ce désir de le revoir, de le retrouver, les a faits transparents à cette présence de l'Esprit en eux. Ils l'ont laissé transparaître dans leur vie de tous les jours parce qu'il y avait une concordance totale entre leur désir profond, l'avènement du Règne de Dieu, un monde réussi, et la volonté de Dieu manifestée en Jésus Christ. Et nous ? Souvent notre désir est individualiste, retourné sur nous-mêmes ; un désir pour nous, pour ce qui nous intéresse, ce qui nous met en valeur. Il faudrait qu'il y ait enfin coïncidence entre notre désir et la volonté de Dieu :     un monde réussi. Encore une fois, il n'y a plus que nous. Il ne faut pas faire barrière à l'action de l'Esprit. Il faut être transparents, de façon à ce que nos contemporains puissent reconnaître, à travers la vie des baptisés, l'œuvre de Dieu en marche.

Commenter cet article